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Statistiques sur les pigeons à Paris
Mis à jour le 28/08/2026 · Paris dépigeonnage
C'est le nombre de pigeons bisets recensés à Paris lors du comptage de terrain 2016–2017, commandé par la Ville. Un chiffre trois fois inférieur aux 80 000 souvent avancés.
Un décompte qui varie du simple au quadruple
La population parisienne de pigeons fait l'objet d'estimations très dispersées. L'étude menée en 2016-2017 par les associations Espaces et AERHO pour la Ville de Paris a évalué la population à 23 000 pigeons bisets, sur la base de comptages fiables. D'autres sources plus anciennes évoquent 80 000 à 100 000 oiseaux toutes espèces confondues, tandis que des chiffres alarmistes ont pu grimper jusqu'au million — des estimations que les comptages de terrain contredisent nettement.
Trois espèces, une écrasante majorité
Derrière le mot « pigeon » se cachent trois oiseaux distincts. Le pigeon biset de ville domine très largement le paysage parisien : il représente environ 90 % de la population de colombidés de la capitale, suivi du pigeon ramier — la palombe — pour 9 %, et du très discret pigeon colombin, qui ne compte que pour 1 %. Contrairement au ramier qui niche dans les arbres, le biset installe son nid dans les anfractuosités des bâtiments, ce qui le rend indissociable de l'architecture urbaine.
Un citadin venu des pigeonniers
Le pigeon des villes n'a rien d'un intrus naturel : il descend du pigeon domestique, lui-même issu du biset sauvage. Exceptionnel à Paris au XIXᵉ siècle, où il ne faisait que survoler la capitale, il s'y est implanté avec la colombophilie — l'élevage des pigeons voyageurs — avant de coloniser durablement le tissu urbain au début du XXᵉ siècle. L'absence quasi totale de prédateurs naturels en ville a permis à ses populations de s'installer et de se sédentariser.
Des populations plus stables qu'on ne le croit
L'impression d'une prolifération incontrôlée résiste mal aux données. Les effectifs de pigeons bisets restent globalement stables en France depuis une dizaine d'années. Cette stabilité se reflète dans la perception des habitants : selon un sondage IFOP réalisé pour l'association AERHO, une large majorité de Parisiens interrogés a le sentiment d'une stabilisation ou d'une baisse du nombre de pigeons, loin de l'idée d'une croissance exponentielle.
La nuisance qui pèse : les fientes
La principale gêne attribuée aux pigeons est le volume de déjections qu'ils produisent, acides et salissantes pour les façades et le mobilier urbain. Selon la Mairie de Paris, la population parisienne produirait plus de 120 tonnes de fientes chaque année. Ces déjections restent la source majeure des coûts d'entretien et le premier grief des riverains, même si les enquêtes d'opinion montrent qu'une majorité de Parisiens considère le nourrissage — et non l'oiseau lui-même — comme la véritable cause des nuisances.
Réguler sans tuer : le pari des pigeonniers
Face à ces nuisances, la tendance est à la gestion non létale. Scientifiques et associations écologistes promeuvent la stabilisation des populations par les pigeonniers contraceptifs, où les œufs sont stérilisés en douceur pour maintenir les couples sur place. Cette approche est portée au niveau national : plusieurs questions écrites déposées à l'Assemblée nationale ont dénoncé les méthodes cruelles encore employées par certaines communes et appelé à généraliser pigeonniers et maïs contraceptif comme alternatives éthiques et efficaces.
Questions fréquentes
Pourquoi les pigeons sont-ils si présents dans certains quartiers de Paris ?
Les pigeons se concentrent là où ils trouvent nourriture, abri et points de repos. Les rebords, les cours intérieures et les toitures accessibles favorisent leur installation. Les zones calmes et peu dérangées attirent aussi davantage de retours. La présence dépend donc surtout de l’environnement immédiat.
Comment interpréter une hausse de pigeons sur un immeuble ?
Une hausse peut signaler un site favorable. Elle indique souvent la présence de nourriture, d’un abri ou d’un début de nidification. Si les retours deviennent réguliers, le site peut être durablement occupé. Il faut alors observer les rebords, les fientes et les zones de repos.
Quelle différence entre une simple présence et une infestation de pigeons ?
Une simple présence reste ponctuelle et limitée. Une infestation implique des retours fréquents, des nids, des fientes nombreuses et une occupation stable. La différence se voit aussi dans la répétition des traces. Plus le phénomène dure, plus il devient difficile à corriger sans action ciblée.
Combien de temps faut-il pour voir les effets d’un dépigeonnage ?
Le délai varie selon la méthode et le site. Une petite pose peut agir immédiatement sur les zones protégées. Un site complexe demande parfois plusieurs jours de contrôle. Le nettoyage et la suppression des accès complètent souvent l’effet. Sans entretien, les retours peuvent reprendre.
Quels sont les signes qui montrent que les pigeons reviennent ?
Les signes les plus courants sont les fientes fraîches, les plumes, les nids et les regroupements répétés. Vous pouvez aussi remarquer des traces sur les rebords et les appuis. Si les oiseaux reviennent aux mêmes heures, le site est probablement attractif. Un suivi régulier aide à confirmer la tendance.
Les solutions anti-pigeons sont-elles toutes adaptées aux bâtiments parisiens ?
Non, car chaque bâtiment a une configuration différente. Les pics conviennent à certains rebords. Les filets protègent mieux les zones ouvertes. Les fils tendus et l’électro-répulsion répondent à d’autres cas. Le choix dépend surtout de la forme du support et du niveau d’exposition.